Vous avez dit holistique?

Holistique, un mot à la mode.             

Et aujourd'hui la mode appauvrit le sens des choses ! Prenez le mot "stress", il correspond si bien à un ressenti que tout le monde s'est jeté dessus. Il se banalise, perd de son sens car sur employé, et il fut achevé par certains, qui, pour ne pas taxer leurs patients de simulateurs ou plus exactement pour ne pas s'avouer leurs lacunes, leur lâchèrent ce mot: Stress!

Holistique subit le même sort dans les milieux "autorisés" comme disait Coluche.

Définition : Qui relève de l'holisme, qui s'intéresse à son objet comme constituant un tout.  (www.cntrl)

 L’holisme étant la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la somme de leurs parties, au travers de l'évolution créatrice. (http://wikipedia.fr)

Donc Holistique vaut globalité. C’est bien, très bien, mais où s’arrête la globalité ? Pour nous, ostéopathes, notre fierté c’est la globalité.

Je pars d’un exemple. Une patiente de 45 ans a mal au bas du dos à droite. C’est son ressenti. Nous pouvons aborder cette difficulté sous un aspect mécanique local : une vertèbre refuse le mouvement sous la dépendance d’un muscle spasmé qui ne relâche pas spontanément. Nous pouvons aussi déduire que le bassin est dissymétrique, avec une répercussion lombaire, d’où l’origine de la douleur. La globalité avance. Nous pouvons aussi remarquer que le côlon, spasmé lui aussi, impose une posture trop statique à la colonne,  évitant par la même d’être étiré, comprimé, malmené, comme le spasme est à droite, le bassin s’adapte en se vrillant. Ce côlon peut être dans cet état depuis très longtemps. Enfant, elle se souvient d’avoir toujours eu mal au ventre. De plus, à l’école, le médecin scolaire avait diagnostiqué une attitude scoliotique. D’une douleur de dos, nous sommes passés à une pathologie colique d’enfance. Cette douleur de ventre, lorsqu’on l’évoque, fait remonter une émotion de peur. Mais rien de précis, sans histoire associée. Nous voici plongés au cœur d’une émotion vieille de 40 ans ! 

La notion de globalité est donc bien floue. Elle est toujours dépendante du modèle d’être humain qu’utilise le praticien. Si l’ostéopathe pense que les douleurs sont le reflet d’un blocage mécanique, alors sa recherche d’origine s’orientera vers les structures du corps. S’il pense que l’émotion façonne le corps, ou le comportement, sa recherche sera différente. D’où l’importance du modèle que nous utiliserons!