Psychosomatique?

Nous l’avons vu dans le modèle d’être, notre désir le plus profond est de se sentir vivre. Et pour vivre, il y a des priorités à respecter.

En premier, la gestion des urgences.  Regarder à droite et à gauche  avant de traverser un carrefour est plus urgent que de savoir ce que l’on  mangera ce soir, et pourtant la nourriture est essentielle. Pour gérer les urgences nous avons besoin d’un système d’analyse, d’intégration et de réponse ultra rapide. Il se situe avant la conscience de nos actes. En effet on remonte sur le trottoir pour éviter un véhicule avant d’en avoir conscience. Ce système doit être libre en permanence pour assurer notre existence. 

Alors que faire de tout le reste, comme payer la facture d’électricité ou la remarque blessante de mon patron hier ..? Il existe un processus physiologique qui nous permet à la fois de remiser au second plan ce qui n’est pas urgent, et de laisser une trace, comme un signal d’appel, qui nous permet de ne pas oublier la chose afin de pouvoir la traiter plus tard, au calme, lorsque le système d’urgence n’est plus requis. Dans son canapé le soir, par exemple. Ce processus est très subtil. Pour schématiser, il va mettre en œuvre l’ensemble des structures du corps.

Explication : Lorsque notre main est détendue, exempte de toute contraction, et que nous n'en avons pas besoin,  nous l’ignorons totalement. Par contre, maintenir une tension permanente comme le poing fermé, nous ne pouvons l’ignorer. Voici une sollicitation constante envoyée à notre cerveau, qui ne nous empêche pas de gérer le quotidien, mais que l’on perçoit. Utilisant ce principe, nous allons libérer notre système de gestion instantané de tout ce qui n’est pas urgent, en maintenant la trace mémoire (le signal d'appel), par des contractions ou tensions, de différentes parties du corps. Ainsi, notre cerveau est libre pour gérer l'urgence, l'ultra rapide, sans interférence qui pourrait nous être fatale. C'est ce que d'aucuns appellent la mémoire tissulaire, ou mémoire du corps. Cette mémoire est donc l'association d'une action physique avec un désir mental. Nous retrouvons ici la notion de l'être, cet esprit qui a besoin d'un retour physique pour se sentir exister. C'est magnifique quand ça marche bien, ça « bugue » parfois. Nous verrons par la suite pourquoi c’est toujours la même partie qui stocke le même type de message, et comment des messages peuvent-il être bloqués trop longtemps jusqu'à perturber la région  et parfois mener à la maladie.

Dans cette approche du vivant, il ne reste donc pas de place à la distinction arbitraire du psycho et du soma. L’être humain est avant tout un esprit qui envahit un corps pour se manifester. C’est cette manifestation qui permet à l’esprit de se sentir exister, condition même de la vie. La séparation entre psycho et soma n’a donc pas de réalité, tout comme nous ne pouvons séparer le moteur de son carburant, ce sont les deux réunis qui font la fonction et l’un sans l’autre n’a aucun sens.